
« je n’entendais rien avec une seule oreille valide, pas d’ingénieur du son, pas de moniteur d’écoute en retour. Mais au moment du concert, il y a toujours une espèce de magie avec Don. Une très grande concentration dans le jeu. Une profondeur d’écoute. »

ผมพยายามไปเล่นดนตรีทิกรุงทพฯ « J’ai fait des efforts pour jouer de la musique à Bangkok ». Le concert au JamCafeBKK est toujours chaotique et exceptionnel. Le lieu est minuscule. Le public très attentif reste debout à un mètre des musiciens, un verre à la main. Comme la console d’amplification est sans aucune réverbération, j’avais amené mon ordi avec une carte son pour rentrer le micro du saxo dans une série de modélisation d’effets très années 70′ : écho analogique, ring modulator « MoogerFooger » et réverbération longue de style cathédrale. Ça tombait bien pour un concert organisé par « Ceremonial Laptop Bangkok », Don avait amené une tablette connectée à sa guitare avec toutes sortes d’effets électroniques. J’ai oublié de lui demander quel logiciel il utilisait tellement tout était fait dans l’urgence sur le fil du rasoir. Il en a marre de transporter un rack de 15 kilos de pédales d’effets pour sa guitare. Nous étions équipés de façon parfaitement symétrique. Guitare + tablette et carte son pour Don, Saxo avec micro + ordi et carte son pour moi. Le soundcheck était décourageant : je n’entendais rien avec une seule oreille valide, pas d’ingénieur du son, pas de moniteur d’écoute en retour et la sonorisation installée en hauteur. Mais au moment du concert, il y a toujours une espèce de magie avec Don. Une très grande concentration dans le jeu. Une profondeur d’écoute. Nous avons bien joué si j’en crois les réactions enthousiastes du public qui ne trompent pas. Les gens ont aimé. Les quelques extraits d’enregistrement fait n’importe comment montrent que la musique était bien. Je vais proposer à Don d’aller enregistrer en studio pour qu’il reste une trace de bonne qualité de notre démarche musicale durant toutes ces années.
La soirée était fun avec Gate qui jouait en premier, un musicien qui m’avait introduit dans le milieu des musiciens de BKK il y a sept ans, donc Gate dans le rôle du « Green Hermit » saxophone et un Theremin Moog. Il jouait avec son pote canadien « Disco Cowboy » une sorte de dérision country free, ensuite mon duo avec Don, en troisième Si Paton, un bassiste anglais qui joue violemment free, je n’ai écouté que le début de son set, j’étais à la recherche d’un repas. Pour terminer la soirée, mon pote Wannarit Pongprayoon dit Pok, synthé et basse électrique en duo avec le batteur barbu de « Stylish Nonsense ». Wannarit, toujours avec le sourire sert des plans punks et se roule par terre en hurlant, mais au lieu d’afficher une sorte de désespoir européen, son visage est toujours souriant, énigmatique comme un Bouddha rock and roll.
27 heures aller-retour Jomtien-Bangkok-Jomtien pour jouer au JamCafeBKK. J’ai pris le bus, le skytrain et le métro BTS pour arriver dans les alentours du club, endroit historique de la musique underground à Bangkok. J’avais réservé un hôtel bas de gamme près du JamCafeBKK, pas terrible, mais pas cher. J’ai fait le trajet de l’hôtel à la salle de spectacle quand il ne pleuvait pas. Par chance, je suis passé chaque fois entre les goutes. La saison des pluies commence à s’éterniser… Dix minutes à pied c’est trop près pour prendre un taxi, mais trop loin pour marcher sous la pluie. Je ne dine jamais avant de jouer. Notre set s’est terminé vers 22 h 30. Entre deux averses, j’ai pu atteindre un restaurant au bout de la rue vers 23 h. J’arrive dans un grand restaurant de type cantine, hyper bruyant un samedi soir. Les serveurs courraient dans tous les sens et ont oublié de me servir. Je suis parti furieux. J’ai acheté au 7/11 d’en face un « Onigiri » au thon piquant. Avec deux bières et un gâteau que m’avait donné Meena pour la route. Je n’avais pas diné réellement. Le matin, je me suis précipité pour déjeuner dans la rue en bas de l’hôtel avec un plat de porc croustillant hyper pimenté. Je n’ai pas réalisé. J’avais faim. Résultat : au moment de prendre le métro puis le bus, j’avais une colique pas possible. Ne rie pas lecteur ! J’ai 71 ans ! Je connais un médicament miracle en Thaïlande : le « Flying Rabbit » pour lutter contre cette avanie. J’ai pu finalement rentrer sans encombre. J’ai aussi la prostate qui me dérange 24/24. Le temps de courir aux toilettes, j’ai failli rater le bus.





































