Khaen Punk Songkran


Ma performance de jouer du saxo dans la fête ressemblait plus à une action Fluxus involontaire qu’à une participation à la liesse.


Le Nouvel An thaï 2569 vient de se terminer. Année 2026, 13 avril pour les européens. Les fêtes durent une semaine. C’est la quatrième fois que je survis à Songkran en Thaïlande. J’ai trouvé la fête moins magique que les précédentes. J’ai pris mes dispositions pour filmer systématiquement mes performances. J’ai fait quatre courtes vidéos qui ont eu un bon succès sur « Instagram ». La première était filmée Soi Buakhao. Je jouais « Summer Samba » au saxo. J’avais demandé à une amie de me filmer. Merci à Koy. Elle avait bien compris comment tenir le smart et le résultat était quasi professionnel comme shooté avec un bras articulé sans à-coup.

La rue Buakhao abrite bars, boites de nuit, massages et autres gogos, boites avec orchestre, belles danseuses et dégoulinades de décibels. Les filles dehors sont à moitié à poil et font semblant de s’amuser. En réalité, elles s’emmerdent et sont là uniquement pour travailler. Aucune joie réelle. Les touristes eux s’amusent et jouent comme de grands névrosés à la guerre avec leurs mitraillettes en plastique à jet d’eau réel. La fête bouddhiste a dégénérée pour se transformer en carnaval pour touristes. On ne projette plus de l’eau pour purifier la nouvelle année, mais pour alimenter le commerce et faire tourner les affaires. Du coup, ma performance de jouer du saxo dans la fête ressemblait plus à une action Fluxus complètement absurde qu’à une participation à la liesse. Je m’étais de plus fait piégé par mon inconscient : j’avais oublié le cordon qui tient le saxo au cou. C’était encore plus difficile de tenir l’instrument à bout de bras sans support et j’ai joué sans contrôle suffisant du bec. Tant pis je ne pouvais plus faire autrement.

La fête de Songktan tient du génie thaï pour le commerce. Ils transforment l’agressivité humaine en farce avec bombes à eau et guerre au pistolet à eau. Le pays du sourire a transformé les traditions bouddhistes en aimable caricature de la guerre. Contrairement à leurs voisins cambodgiens qui revendiquent aussi le titre de « pays du sourire » et qui fut le théâtre du génocide d’un tiers de la population par les « Khmers Rouges ». Guerre civile terrible avec de vrais pistolets au nom du communisme. Les habitants thaïs ou khmers vus de l’extérieur se ressemblent comme les Français et les Allemands.

Le surlendemain, sixième jour de fête, je me suis rendu l’après-midi à Pattaya. J’ai évité le samedi soir, où des milliers de gens sont agglutinés autour de trois grandes scènes installées sur la plage avec des kilos de lumières, un déluge de décibels, écrans vidéos et musique de merde. Des milliers de boutiques ambulantes de nourriture sont installées sur des kilomètres le long de « Pattaya Beach ». Le bordel populaire inorganisé était soigneusement déporté dans deux ruelles perpendiculaires à l’axe principal. J’ai filmé avec une protection en plastique translucide pour protéger l’iPhone de l’eau. J’ai enregistré la musique dans mon appartement. Puis arrive le dimanche, septième et dernier jour de fête à Jomtien. Grand bordel inorganisé, assez décevant en regard du souvenir merveilleux que j’en avais conservé.

Des pick up munis de sono infernale balançant du son à plus de 120 décibels une ode au son des moteurs : Boum Boum Splatch… Boum Boum Splatch ! Le plus surprenant est que toutes sortes de gens dansent sur le bruit des moteurs et trouvent ça joli. J’ai eu la très nette impression que les gens se forçaient à s’amuser, mais le cœur n’y était plus. J’ai joué du khaen. Le montage fut plus difficile que d’habitude, mais j’ai pu tirer une bonne vidéo d’une minute. Merci à Meena. Je me suis ingénié à montrer la joie contrairement au ressenti que j’en ai eu. J’avais acheté un plat de street food dans la rue. J’ai été malade comme un chien au petit matin. Intoxication alimentaire. Je percevais l’atmosphère de la ville surchauffée au-dessus de 30 degrés avec de discrets effluves de poubelles, de merde et de fritures malsaines.

Noise House : End of an Era


« Je suis resté 4 mois à Paris : rien à signaler. A peine de retour à Bangkok, j’arrive pour la fermeture définitive du Noise House Lat Phrao »

Ce dimanche 29 mars était jour de fermeture définitive du « Noise House Lat Phrao » après deux ans d’existence créative. Il était né à la suite du Bangkok Street Noise auto-organisé par les musiciens pendant le Covid. Ils présentaient des concerts le dimanche après-midi dans les rues de Bangkok, sous des échangeurs d’autoroute, des lignes de chemin de fer en bord des canaux ou dans les parcs. Une auto-organisation efficace qui ferait penser toutes proportions gardées à l’AERI de Montreuil. Le « Noise House Lat Phrao » a été co-fondé par le musicien Wannarit Pongprayoon (qui fait un boulot alimentaire en plus de la musique, dans ce pays où tout le monde fait deux ou trois boulots simultanément pour survivre), Fern Atit, graphiste et photographe (merci pour les nombreuses photos d’elle que j’ai utilisé pour cet article) et une équipe d’une vingtaine de jeunes gens incroyablement dévoués et efficaces. Le « Noise House Lat Phrao » a contribué à la vitalité de nouveaux groupes comme B35 qui a joué de nombreuses fois ici et s’est développé depuis deux ans comme super groupe avec une notoriété qui s’amplifie dans le pays. C’est le cas de plusieurs autres groupes qui jouaient régulièrement ici. La fin de cette salle de concert est une triste nouvelle pour la scène de Bangkok.

Ce 29 mars, 22 groupes sur 3 scènes simultanées étaient invités : la salle du bar, la salle extérieure sans air conditionné et la salle de concert proprement dite bien équipée d’une sono et de lumières. Tout l’espace du « Noise House Lat Phrao » était occupé. Deux jeunes ingénieurs du son supervisent, mais la plupart des musiciens réglaient d’eux-mêmes la sono et les contingences de passage. Les horaires sont respectés. Les groupes se succèdent dans la fluidité. Organisation impensable en Occident où les groupes se seraient embrouillés entre eux, d’autant plus que les styles de musique sont très différents d’un groupe à l’autre. C’est une des originalités de ce lieu où tout le monde respecte le style des uns et des autres. On entend la rumeur à travers les murs du groupe punk avec un niveau sonore énorme quand dans la salle à côté, un délicat trio folk égrène ses douces chansons et dans la troisième salle, un set électro musclé balance des BPM par la fenêtre.

Le public est au rendez-vous. De midi à minuit, il y aura eu dans les 500 visiteurs. Les 22 groupes sont de style absolument différent comme à l’époque de « Bangkok Street Noise » : Jazz, Folk, Noise, Experimental, Creativ, Electro, Free Jazz, néo Luk Thung, Punk, NHK pop… J’étais emballé de ce que j’entendais et heureux d’avoir participé avec mon souffle de saxo. J’étais invité par le groupe « SaoBath » (qui pourrait se traduire par l’orchestre de quatre sous) aux percussions : Annmanee Singhanart, luth persan : Teerapat Gof Parnmongkol, guitare : Chainad Bavorntreerapak. Par contre quand j’ai entendu les divers fragments enregistrés sur smartphone et diffusés sur Facebook j’étais consterné par mon jeu presque tout le temps faux et pas accordé de sax soprano. Faut dire que tout était monté à l’arrache. Sans la réverbération artificielle d’une sonorisation. Ce qui passe en live ne passe pas du tout enregistré à l’arrache. C’est un piège dans lequel je suis retombé tellement je me sentais mal depuis mon arrivée, traumatisé par la guerre en cours au Moyen-Orient et en Ukraine. Pourtant beaucoup de gens m’ont dit que c’était super. Les applaudissements étaient sincères. Merci ! Vous êtes tous géniaux !

Ceremonial Laptop Bangkok


« je n’entendais rien avec une seule oreille valide, pas d’ingénieur du son, pas de moniteur d’écoute en retour. Mais au moment du concert, il y a toujours une espèce de magie avec Don. Une très grande concentration dans le jeu. Une profondeur d’écoute. »


ผมพยายามไปเล่นดนตรีทิกรุงทพฯ « J’ai fait des efforts pour jouer de la musique à Bangkok ». Le concert au JamCafeBKK est toujours chaotique et exceptionnel. Le lieu est minuscule. Le public très attentif reste debout à un mètre des musiciens, un verre à la main. Comme la console d’amplification est sans aucune réverbération, j’avais amené mon ordi avec une carte son pour rentrer le micro du saxo dans une série de modélisation d’effets très années 70′ : écho analogique, ring modulator « MoogerFooger » et réverbération longue de style cathédrale. Ça tombait bien pour un concert organisé par « Ceremonial Laptop Bangkok », Don avait amené une tablette connectée à sa guitare avec toutes sortes d’effets électroniques. J’ai oublié de lui demander quel logiciel il utilisait tellement tout était fait dans l’urgence sur le fil du rasoir. Il en a marre de transporter un rack de 15 kilos de pédales d’effets pour sa guitare. Nous étions équipés de façon parfaitement symétrique. Guitare + tablette et carte son pour Don, Saxo avec micro + ordi et carte son pour moi. Le soundcheck était décourageant : je n’entendais rien avec une seule oreille valide, pas d’ingénieur du son, pas de moniteur d’écoute en retour et la sonorisation installée en hauteur. Mais au moment du concert, il y a toujours une espèce de magie avec Don. Une très grande concentration dans le jeu. Une profondeur d’écoute. Nous avons bien joué si j’en crois les réactions enthousiastes du public qui ne trompent pas. Les gens ont aimé. Les quelques extraits d’enregistrement fait n’importe comment montrent que la musique était bien. Je vais proposer à Don d’aller enregistrer en studio pour qu’il reste une trace de bonne qualité de notre démarche musicale durant toutes ces années.

La soirée était fun avec Gate qui jouait en premier, un musicien qui m’avait introduit dans le milieu des musiciens de BKK il y a sept ans, donc Gate dans le rôle du « Green Hermit » saxophone et un Theremin Moog. Il jouait avec son pote canadien « Disco Cowboy » une sorte de dérision country free, ensuite mon duo avec Don, en troisième Si Paton, un bassiste anglais qui joue violemment free, je n’ai écouté que le début de son set, j’étais à la recherche d’un repas. Pour terminer la soirée, mon pote Wannarit Pongprayoon dit Pok, synthé et basse électrique en duo avec le batteur barbu de « Stylish Nonsense ». Wannarit, toujours avec le sourire sert des plans punks et se roule par terre en hurlant, mais au lieu d’afficher une sorte de désespoir européen, son visage est toujours souriant, énigmatique comme un Bouddha rock and roll.

27 heures aller-retour Jomtien-Bangkok-Jomtien pour jouer au JamCafeBKK. J’ai pris le bus, le skytrain et le métro BTS pour arriver dans les alentours du club, endroit historique de la musique underground à Bangkok. J’avais réservé un hôtel bas de gamme près du JamCafeBKK, pas terrible, mais pas cher. J’ai fait le trajet de l’hôtel à la salle de spectacle quand il ne pleuvait pas. Par chance, je suis passé chaque fois entre les goutes. La saison des pluies commence à s’éterniser… Dix minutes à pied c’est trop près pour prendre un taxi, mais trop loin pour marcher sous la pluie. Je ne dine jamais avant de jouer. Notre set s’est terminé vers 22 h 30. Entre deux averses, j’ai pu atteindre un restaurant au bout de la rue vers 23 h. J’arrive dans un grand restaurant de type cantine, hyper bruyant un samedi soir. Les serveurs courraient dans tous les sens et ont oublié de me servir. Je suis parti furieux. J’ai acheté au 7/11 d’en face un « Onigiri » au thon piquant. Avec deux bières et un gâteau que m’avait donné Meena pour la route. Je n’avais pas diné réellement. Le matin, je me suis précipité pour déjeuner dans la rue en bas de l’hôtel avec un plat de porc croustillant hyper pimenté. Je n’ai pas réalisé. J’avais faim. Résultat : au moment de prendre le métro puis le bus, j’avais une colique pas possible. Ne rie pas lecteur ! J’ai 71 ans ! Je connais un médicament miracle en Thaïlande : le « Flying Rabbit » pour lutter contre cette avanie. J’ai pu finalement rentrer sans encombre. J’ai aussi la prostate qui me dérange 24/24. Le temps de courir aux toilettes, j’ai failli rater le bus.

Summer in Paris


J’ai cliqué
Une influenceuse bidon
J’ai rêvé d’un fantasme abscons ,
Equinox
La nuit égale le jour
Intox, le jour égale la nuit


Duo chez moi avec mon vieux complice Thierry Negro qui a participé à plusieurs de mes meilleurs orchestres depuis 30 ans. Une session improvisée « Maladie Electro » avec mon saxo EMEO + MoogerFooger virtuel

Il y avait un monde fou en cette fin juillet près du métro Belleville dans une galerie underground nommé « Friches et nous la paix ». Je m’étais remis à la clarinette basse pour une seconde performance avec François alias Archibald Ackerman et Patrice Cazelles. Ça fonctionnait super bien dans la tradition de l’improvisation totale. Ma performance solo était bonne mais j’ai conclu que je devais mémoriser mon texte au lieu de le lire. Ma performance seras mille fois meilleure. La voix est bien évidement comme la musique : la seule interprétation vraiment correcte doit être faite de mémoire. Ci-dessous mon texte construit pour être joué avec « Equinox » le blues en mineur de John Coltrane. (Extrait du début du texte après le post Instagram) J’avais parlé à deux jeunes poétesses charmantes et très doué. L’une partait en vacances le lendemain et l’autre rentrait en Argentine. J’avais dragué une femme du public complètement allumée. On s’était donné rendez-vous le dimanche suivant dans une librairie au prétexte de voir une performance. Elle était en vélo, mais n’a pu venir parce qu’elle s’était retrouvée coincée place Clichy par l’arrivée du « tour de France ». « Storytelling » épatant pour une histoire sans avenir. Plus on est vieux, plus on est seul et trouver l’amour est quasi impossible.

Equinox,
La nuit égale le jour
Intox
Le jour égale la nuit
J’ai cliqué
Une influenceuse bidon
J’ai rêvé
D’un fantasme abscons
Encore une entourloupe : calembour là !
Disruption perpétuelle du data flagada
Les images attaquent mon cerveau comme un cyclone
PsychoDrone, PsychoDrone, PsychoDrone

Equinox,
La nuit égale le jour
Intox
Le jour égale la nuit le jourLa nuit égale le jour
Les images gonzo gonzesses
Crée une hallucination permanente des data bytes
Sur le réseau des sexy enchanteresses
Le nerf central du Kapital en kit
Défoncé à l’image, déchiré au data
J’ai fabriqué mon influenceuse bidon
J’incruste ma tête sur des images de super nanas
Grâce au logiciel swap tronche de cons

Photos de ma tête collée sur des images porn ou sur l’odalisque de François Bouchet réalisé avec le logiciel, très facile à utiliser « FaceSwap« 

Sortie du numéro 46 « Des Allumés du Jazz » pour le trentième anniversaire de l’association et du journal. J’ai écris un article sur IA et musique qui date déjà d’un an et demi. L’avancée technologique est tellement rapide que mon texte est déjà un peu dépassé par la réalité.

Pixel Avenue


Principe classique du désir satisfait par la magie « Boum Boum ». Métaphore du coït des neurones. En Thaïlande, faire « Boum Boum » veut dire baiser. Le rythme rentre comme une bite dans la serrure auditrice. Le saxo joue une sorte de supplément d’âme servi par « Monsieur tout le monde ».


Mon ami Fred Sapey-Triomphe, m’avait proposé de jouer pour la « Nuit Blanche » devant son installation « Pixel Avenue » à Saint-Denis : 285 globes suspendus, un ciel vibrant qui réagit aux sons et aux mouvements. Une installation sensorielle et vibrante. Depuis vingt ans, j’avais collaboré sur l’aspect sonore de ses œuvres sur un tas de projets grandioses. (voir l’onglet « Associés »)

Répétition pour la « Nuit Blanche » avec « Stvp!d Harry » le DJ. Rendez-vous aux anciennes usines de film argentique « L’éclair » à Épinay-sur-Seine transformées en campus pour artistes. Je me suis bien entendu avec « Stvp!d Harry ». Je suis toujours extrêmement réticent avec les DJ, mais son travail était subtil, même si l’on ne peut parler d’un jeu musical stricto sensu. Mon secret au saxo acoustique est d’utiliser une énorme réverbération artificielle très exagérée qui permet de rentrer à toute force dans le mix des machines. Avec ce type de mixage, on crée les conditions d’une bonne improvisation : suffit d’être en rythme dans la bonne tonalité. Ça marche tout seul, mais ça reste très casse-gueule au saxophone. Le DJ enchaine des disques soigneusement choisi, mais créé par d’autres musiciens. C’est une sorte de recyclage bien au-delà de la citation. Re-interprétation automatisée. La structure est toujours la même : intro planante puis départ d’une rythmique ultra compressée et filtrée dans les basses pour labourer le cerveau de l’auditeur/danseur. Principe classique du désir satisfait par la magie « Boum Boum ». Métaphore du coït des neurones. En Thaïlande, faire « Boum Boum » veut dire baiser. Le rythme rentre comme une bite dans la serrure auditrice. Le saxo joue une sorte de supplément d’âme servi par « Monsieur Tout le Monde ». La répétition capturée par Fanny organisatrice de la soirée sous le nom « enter__black » avec un smartphone était vachement bien. Non seulement les smart font de belles images, mais ils arrivent par je ne sais quel miracle techno à capter un son objectif relativement proche de l’oreille humaine. Je suis rentré en métro vers 23 heures. Manque de chance, la ligne 14 était fermée en fin de soirée pour travaux. Les taxis étaient en grève et il pleuvait.

Comme d’habitude, il n’y avait pas mon nom écrit sur les programmes de la ville de Paris. Chaque fois que j’ai joué ou produit de la musique pour Fred à la « Nuit Blanche » c’était pareil… Le concert : « Dancefloor sous la Pixel Avenue à Saint-Denis » le 7 juin 2025 était réussi. Très bonne organisation par « enter__black ». Dancefloor prévu pour 300 personnes : toilettes, buvettes, sandwich, vigiles, grosse scène et puissante sono, très bon veejing d’un gars qui se fait appeler « Data_Random » et Fred Sapey-Triomphe (veejing créé avec TouchDesiner) sur un écran et images coordonnée sur les luminaires de la « Pixel Avenue ». Mais le public n’était pas au rendez-vous. J’avais dépensé 12 euros sur Instagram pour faire de la pub mais personne de mes connaissances n’était venu. La « Pixel Avenue » est un endroit splendide sous l’autoroute. Une oeuvre d’art de Fred Sapey-Triomphe pour accéder direct au Stade de France. C’est chic. Mais quand il n’y a pas de match, le quartier est désert. Il y avait à peine quelques amis d’amis… La « Nuit Blanche » décalée au printemps à eu un impact moindre qu’en novembre (comme elle était programmée avant). Les médias sont restés muets. Je ne sais pas ce qui c’est passé…

Personnellement, j’ai bien joué. C’était un test pour me prouver que j’étais encore dans la course. Je suis vieux. Je doute tellement de moi… Je comptais écouter « l’enregistrement témoin » pour vérifier, mais c’était un « faux témoin », le saxo était éloigné à dix mille bornes derrière les disques de « Stvp!d Harry » La sono crachait entre 97 et 100 Db mesuré à vingt mètres des baffles au niveau de la console de mix, c’est un niveau sonore à tuer tout instrument acoustique. Un auditeur fiable, Yann Guidon le codeur du dispositif de la « Pixel Avenue » m’a assuré que l’on entendait bien le saxo dans la salle. C’est seulement l’enregistrement témoin qui est foiré.

« Stvp!d Harry » s’agite dans tous les sens, il joue des trucs déjà pré enregistrés alors que moi le petit bonhomme, son compagnon de scène, je souffle comme un malade dans le biniou. C’est une lutte inégale entre homme et machine. Deux mondes parallèles qui ne peuvent pas se rencontrer. Ni composition ni improvisation réelle puisque mon jeu n’influencera pas le DJ qui fonce en ligne droite. Le saxo devient une sorte de « voix off » qui conduit le scénario vers son point d’expansion : « Vous n’êtes pas chômeur alors dansez, dansez non de Dieu ! ». Le fil rythmique continue sans interruption. Quelques breaks mais pas de silence. On passe à l’infini d’un disque à l’autre. Le public semble avoir aimé.

Le lendemain du concert je rentre en clinique pour me fait opérer d’un rétrécissement lombaire. Depuis j’ai atrocement mal à la jambe gauche. Je ne peux pas marcher plus de cinq minutes sans hurler de douleur. J’ai perdu toute autonomie. Toutes les photos sont de Boonie Lisboon