
« Je suis resté 4 mois à Paris : rien à signaler. A peine de retour à Bangkok, j’arrive pour la fermeture définitive du Noise House Lat Phrao »

Ce dimanche 29 mars était jour de fermeture définitive du « Noise House Lat Phrao » après deux ans d’existence créative. Il était né à la suite du Bangkok Street Noise auto-organisé par les musiciens pendant le Covid. Ils présentaient des concerts le dimanche après-midi dans les rues de Bangkok, sous des échangeurs d’autoroute, des lignes de chemin de fer en bord des canaux ou dans les parcs. Une auto-organisation efficace qui ferait penser toutes proportions gardées à l’AERI de Montreuil. Le « Noise House Lat Phrao » a été co-fondé par le musicien Wannarit Pongprayoon (qui fait un boulot alimentaire en plus de la musique, dans ce pays où tout le monde fait deux ou trois boulots simultanément pour survivre), Fern Atit, graphiste et photographe (merci pour les nombreuses photos d’elle que j’ai utilisé pour cet article) et une équipe d’une vingtaine de jeunes gens incroyablement dévoués et efficaces. Le « Noise House Lat Phrao » a contribué à la vitalité de nouveaux groupes comme B35 qui a joué de nombreuses fois ici et s’est développé depuis deux ans comme super groupe avec une notoriété qui s’amplifie dans le pays. C’est le cas de plusieurs autres groupes qui jouaient régulièrement ici. La fin de cette salle de concert est une triste nouvelle pour la scène de Bangkok.

Ce 29 mars, 22 groupes sur 3 scènes simultanées étaient invités : la salle du bar, la salle extérieure sans air conditionné et la salle de concert proprement dite bien équipée d’une sono et de lumières. Tout l’espace du « Noise House Lat Phrao » était occupé. Deux jeunes ingénieurs du son supervisent, mais la plupart des musiciens réglaient d’eux-mêmes la sono et les contingences de passage. Les horaires sont respectés. Les groupes se succèdent dans la fluidité. Organisation impensable en Occident où les groupes se seraient embrouillés entre eux, d’autant plus que les styles de musique sont très différents d’un groupe à l’autre. C’est une des originalités de ce lieu où tout le monde respecte le style des uns et des autres. On entend la rumeur à travers les murs du groupe punk avec un niveau sonore énorme quand dans la salle à côté, un délicat trio folk égrène ses douces chansons et dans la troisième salle, un set électro musclé balance des BPM par la fenêtre.













Le public est au rendez-vous. De midi à minuit, il y aura eu dans les 500 visiteurs. Les 22 groupes sont de style absolument différent comme à l’époque de « Bangkok Street Noise » : Jazz, Folk, Noise, Experimental, Creativ, Electro, Free Jazz, néo Luk Thung, Punk, NHK pop… J’étais emballé de ce que j’entendais et heureux d’avoir participé avec mon souffle de saxo. J’étais invité par le groupe « SaoBath » (qui pourrait se traduire par l’orchestre de quatre sous) aux percussions : Annmanee Singhanart, luth persan : Teerapat Gof Parnmongkol, guitare : Chainad Bavorntreerapak. Par contre quand j’ai entendu les divers fragments enregistrés sur smartphone et diffusés sur Facebook j’étais consterné par mon jeu presque tout le temps faux et pas accordé de sax soprano. Faut dire que tout était monté à l’arrache. Sans la réverbération artificielle d’une sonorisation. Ce qui passe en live ne passe pas du tout enregistré à l’arrache. C’est un piège dans lequel je suis retombé tellement je me sentais mal depuis mon arrivée, traumatisé par la guerre en cours au Moyen-Orient et en Ukraine. Pourtant beaucoup de gens m’ont dit que c’était super. Les applaudissements étaient sincères. Merci ! Vous êtes tous géniaux !



















































