Bangkok Noise and Roll (street gig No21)

 » Bangkok Street Noise & Roll  » plusieurs dimanches par mois, l’underground de Bangkok se réunit dans un endroit chaque fois different sous un échangeur routier, une voie des chemins de fer une ancienne usine. Très bien organisé un collectif vraiment au service de tous. épatant. J’ai joué avec Liew Niyomkarn et Nampai Anaparn (synthétiseurs machines) Albin Thörn Cleland et Bank (guitares) merci à Wannarit Pongprayoon, Michael Honeycomb. C’était à un kilomètre du métro Ramkhamhaeng (รามคำแหง) Street Gig (No.21) le groupe de circonstance s’appelait : @()!$*&# Merci pour les photos : Pok, Gate Garnglai, Puttiyos Phalajivin, Ta Pok Kaew

Please post your band sticker at our gears at street gig for good memories Bang Bang Bang Bang Bang Bang Bang Bang Bang Kok kok kok kok kok Bangkok Street Noise Street Noise Street Noise Street Noise Street Noise Gig Bangkok Street Gig gig gig Noise Street Noise Noise Noise Noise Noise 1212345678990456782345678998456 Please post your band sticker at our gears at street gig for good memories 09876543123456783245678 Bang Bang Bang Bang Bang Bang Bang Bang Bang kok kok kok kok Bangkok Street Noise Street Noise Street Noise Street Noise Street Noise Gig Bangkok Street Gig gig gig Noise Street Noise Bangkok street noise and roll Bangkok street noise and roll Bangkok street noise and roll Bangkok street noise and roll Bangkok street noise and roll Bangkok street noise and roll

L’intégralité du concert. Je ne connaissais absolument personne 5 minutes avant de jouer. Autant dire que le résultat est très expérimental

Paris, ville de la solitude

La semaine passée un danois m’avait photographié sur les bords de Seine en train de jouer du saxo. Il a une grosse réputation sur Instagram. Je donne l’impression d’être solitaire sur ces photos. Une sorte de clochard musical. Les gens sérieux de la Société du Spectacle déplacent les foules pour la bonne cause. Le lendemain, Elton John au pied de la Tour Eiffel, s’est produit devant 20000 personnes « pour protéger la planète ». Je ne protège personne. Il fait froid. J’ai signé les conditions générales d’utilisation de l’automne. Application pour accéder gratuitement à l’hiver. J’espère fuir les frimas cette année, après deux ans de restrictions sanitaires et m’en aller passer l’hiver en Thailande. J’ai beau penser pis que pendre des parisiens, je les aime toujours un peu. Je suis en vélo. Mon trousseau de clé tombe de ma poche sur le pont de Tolbiac. Une jeune femme me crie de m’arrêter. Je ne l’entends pas. Elle courre derrière moi jusqu’au feu rouge. Haletante, elle me tends mon trousseau de clé et me dit gentiment que je l’ai faite courir ! Paris est la ville de la solitude. Les gens sont repliés sur eux même mais sont capables de gestes altruistes. Nombre de parisiens donnent une pièce aux mendiants.

Silence วีดีโอ en bord de Seine

Image agitée par TouchDesigner d’une photo par Colin Bouvry
Animation TouchDesigner à base des photos de Lou Bachelier

J’avais sorti mon clou depuis une minute. Mon pote Colin prenait quelques photos. J’étais dos à la Seine avec la Conciergerie et un palmier kitchissime en toile de fond. Un mec genre armoire à glace m’ordonne sans gêne : « C’est super beau ce que vous jouez, mais venez donc jouer en public ». Il voulait probablement que je vienne 50 mètres plus loin face aux gens allongés sur les transats. Je ne veux pas emmerder les quidams qui roupillent. De toute manière j’ai choisi un autre endroit. Le mec insiste. Il me flatte de manière éhontée pour me faire bouger de place. Je travaille mon instrument en public. Je ne fais pas la manche. Nuance. Le mec se tire en grommelant. Une bonne femme me pose la question habituelle des braves gens : « quel est mon instrument, une trompette ? Une clarinette ? » Non c’est un saxo soprano. « Ah bon le son est très doux, je croyais que le saxophone était plus tonique, plus dynamique. » 

Trois euros le café à un jet de pierre de l’endroit où je vais jouer. Il est trois heures de l’après-midi. Chaleur étouffante de fin juillet. Les bords de Seine ont l’air sympas, mais ils sont hyper pollués. Paris est dans le fond d’une cuvette. La Seine est le creux de la casserole où stagnent particules fines et saloperies toxiques. Au bout de cinq minutes, il m’est impossible de rester en plein soleil. Je vais me poster plus loin à l’ombre près du pont au Change. Les gens font comme si je n’étais pas là. Je ne les dérange pas, je suis transparent comme une radio ne diffusant pas trop fort la musique. Je suis un vrai générateur d’ambiance, pas un artiste. Je me chauffe au gaz, au gazon broutte-minou… Je joue « April in Paris ». Un jeune couple se colle près de moi. Ils s’embrassent à pleine bouche, parlent fort, puis écoutent sur leur iPhone un bout de ce que je viens de jouer. Ils m’ont enregistré. Je me transforme en média virtuel. D’autres gens me filment en catimini. Les gens adorent voler des images de mecs exotiques. Ils se prennent pour des journalistes. Tout le monde filme tout le monde. La CIA-Google résume le tout en filmant par satellite les activités des nations pour le compte de l’oncle Sam. Aujourd’hui je joue machinalement sans aucun feeling. J’assume les compositions de mémoire. J’improvise des notes, des milliers de notes qui n’ont aucun sens. Virtuosité creuse. J’ai le souffle court : je n’en peux plus de la pollution. Je n’arrive plus à souffler dans le tuyau. Hygrométrie défavorable. J’arrête et je rentre chez moi mécontent. Je file à un SDF la pièce de 2 euros que j’ai récolté.  (Extrait de mon journal d’après Covid)

Beaubourg par la face Nord

Attaque de Beaubourg par la face Nord. Le Centre Pompidou encerclé par des musiciens polonais (Przemek Zieliński, Radek Muzyka, Jan Szczypior) opérant l’art contemporain à l’air libre la veille du 15 août. Improvisation dans la rue. Vidéo myself+iPhone+TouchDesigner

photo Vladimir Drouz

Je jouais à « Paris Plage » j’ai rencontré trois musiciens polonais qui font la manche dans les rues pendant leur court séjour à Paris. Deux percussionnistes et un bassiste électrique. Ils sont très organisés avec des fauteuils pliants ultras légers et amplis  portables. J’aime leur façon de jouer : une sorte de jazz rock ambiant qui se prête bien à l’improvisation au saxo. Ils étaient enchantés d’avoir trouvé un soliste. Ils m’avaient donné rendez-vous à Beaubourg. Nous avons attaqué le Musée par sa face nord. Nous avons assiégé tout ce foutoir d’art conceptuel comme des sauvages armés par le futur effondrement du marché de l’art. Au bout d’une heure un vigile est venu gentiment nous dire de dégager. Avec quelques éléments image et son enregistré n’importe comment j’ai fait une vidéo en retravaillant avec le complexe logiciel « TouchDesigner ». La technologie offre une déformation visuelle qui correspond exactement à ma vision du monde : haché, scratché, tremblé, bruité, mouvant, éthéré, lacéré de couleurs violentes choisies par le hasard machine. J’ai posté la vidéo.